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Ballade sous les remparts Bayonnais Mars 2014


Résumé de la tournée des Old Blacks sur Bayonne

C'est tout guilleret que nous abordons ce week-end dans la capitale du jambon et du bien-vivre. Une délégation de 39 Cénacais (21 joueurs, 18 épouses, compagnes, maîtresses) a fait le déplacement. D'entrée la bonne humeur est de mise. Les sourires sont sur tous les visages, heureux que nous sommes de nous revoir, de nous rencontrer, d'apprendre à se connaître mutuellement, disposé à vivre une journée inoubliable.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les vieux Cénacais sont ponctuels à l'heure du rendez-vous, au stade des remparts. Seul bémol : un temps incertain qui hélas nous poursuivra durant tout le samedi. Au toucher, nos hôtes sont l'équivalent de 4 bataillon de légion romaine.

On distingue des visages connus, d'anciennes gloires de l'Ovalie : Vincent Etcheto, Peyo Lizarazu, Martin (prononcez Martine, vous inquiétez pas, il ne se formalisera pas tant ce bellâtre argentin est un être d'une bonté rare) Aramburu, et j'en passe des meilleurs, ou qui se prennent comme tel (je me comprends). En guise d'échauffement donc, nous formons une équipe de toucher afin de servir d'adversaires aux Archiballs. Outre le fait que l'on prend la marée à chaque offensive bayonnaise – une véritable leçon de redoublée, feinte, cadrage débordement, crochet, accélération, passe main / main, décalage – nos organismes sombrent vite dans le rouge, nous laissant la bouche pâteuse, le gosier asséché et le souffle aussi rare que court ! On se dit qu'au moment de passer aux choses sérieuses, à savoir le plaqué, on risque de prendre cher, tout ça devant les yeux ébahis d'abord, effarés ensuite de nos chères et tendres.

Équipe de départ : Campet, Bud, Bank / Wilki, Mineur / Knacki, Chipiron, Romano / Beck (m) / Doc (o) / Pipo (cap), Cruchot, Granule, Mimi / Teigne. Remplaçants : Zizou, Moun, Jipi et Dudule.

Je vous ferai grâce du recours des activistes et autres lobbyistes qui m'ont reproché (c'est nouveau!), une composition d'équipe inique et injuste. Je prends acte tout en assumant mes choix. Même si cela ne fait guère plaisir de cirer le banc, il ne faut pas y voir quelque sanction que ce soit. Après, les gars, si vous n'êtes plus « blessé », faut me le dire. Je vous ferai jouer à votre poste de prédilection. Hommage donc à Cruchot, devenu le porte-parole des lésés, syndicaliste convaincu, percutant et efficace.

Échauffement minimaliste. Histoire de s'accommoder aux subtilités du terrain synthétique. Discours émouvant de Pipo, désigné capitaine du jour, avec des mots forts, puissants, percutants comme « j'ai soif pas vous les gars ? » mais aussi « Z'avez vu joué Clermont hier soir ?, moi oui » ainsi que « Passe-moi la pommade chauffante, ça caille dans ce pays ! »

Coup d'envoi. À peine le temps de m'emparer du papier et du crayon afin de noter l'horaire, le tout sous des bourrasques de vent insidieuses, que l'on encaisse un premier essai : feinte du neuf, on gobe les mouches, percée du demi de mêlée (par ailleurs brillant animateur, comme on le verra, de la troisième mi-temps) et essai ! Les premiers rires sarcastiques et féminins fusent déjà. Bon. Une information qui a son importance : l'arbitre, une fois le joueur à terre, interdit formellement de chacailler le ballon. On n'y touche pas. Cette règle a le don de nous perturber. On ne sait comment agir, réagir, se placer, bref on s'épuise dans des courses dans le vide, on se vautre dans les rucks alors que ça sert à rien, on se gêne dans le replacement, et on subit les sanctions adverses par le biais de contre-attaque rondement menée. Ce qui nous amène à remplir notre musette d'un second contre assassin et d'encaisser, en moins de cinq minutes, un deuxième essai. Certaines épouses désertent le stade, qui pour un spa, un hammam, un thé, un footing, une sieste à l'hôtel, qui pour du shopping dans le petit Bayonne, une partie de pêche sur la Nive, une dégustation de cidre … Pour conclure ce premier acte désordonné, nous subissons une interception qui nous crucifie définitivement. Heureusement que la mi-temps ne dure que 20 minutes ici.

Pause. On se rassemble. On veut bien perdre mais quand même. Il y a des limites. Un peu de fierté, d'orgueil. L'amour du maillot, du clocher, de sa femme, bref que des antiennes éculées certes mais dont les ressorts fonctionnent toujours.

Le second acte est d'un tout autre tonneau. Les Old Blacks s'emploient enfin, proposent, disposent, analysent, cavalent, tentent, pressent, ce qui abouti à un essai de Chipiron tout à l'énergie. 3 / 1. Si le score en restera là, on le doit à nos hôtes qui vendangent sérieux, font montre d'un certain relâchement coupable, sans quoi la note eût été bien plus salée.

Fin des hostilités.

Douche réparatrice. Distribution de chemises blanches spécialement éditées pour l'occasion.

Puis direction la peňa des Archiballs, en théorie située à un saut de puce du stade.

Sauf que lorsque Campet sert de guide touristique, il vous fait visiter toute la ville, de bas en haut, ayant un petit mot sur l'architecture, l'histoire, l'habitat, la sociologie. Après huit bornes effrénées de déambulations à travers tout Bayonne, nous voilà arrivé, sur le coup des 15 heures. On entre. Il y a du bruit, de la lumière, de la musique, du brouhaha, des verres, des pichets, de quoi se sustenter, de quoi soulager sa prostate, bref un lieu admirable où s'entrechoquent les verres, où naissent des amitiés, où vivent des légendes. Romano est élu homme du match par nos hôtes qui lui offrent un maillot XXS. Striptease de notre troisième ligne préféré, muscles saillants et tatouage en évidence, qui enfile le maillot sous les vivats de la foule et les regards énamourés. Campet reçoit également un cadeau, un maillot des Archiballs suite à leur tournée en Argentine, ainsi que de multiples T Shirt. La délégation cénacaise pour sa part, se fend d'une caisse de vin du château Frachet représenté par Minimoys. Applaudissements à tout rompre. L'ambiance est à son paroxysme. La troisième mi-temps peut débuter. Deux heures et demi de pur bonheur, d'instants de convivialité, de moments de grâce, dans le droit fil des valeurs prônés par le rugby et que chacun, ici, distille à l'envi. On chante, on danse, on boit jusqu'à plus soif, on picore, on picole, on parle, on s'hydrate, on trinque, on s'abreuve, dans la bonne humeur fraternelle la plus totale.

Puis vers 17 h 30, les destinées de tout un chacun divergent : certains vont tester la literie dans leur hôtel respectif avec maman (pas de nom), d'autres vont se maquiller (Beck), se faire belle (Mineur), prendre une douche (Knacki), effectuer une micro-sieste (Jipi), courir (Cruchot), s'habiller (Zizou), tester le mini-bar (Forest), regarder la télé (Granule), réparer le joint de culasse de sa bagnole (Wilki), effectuer une visite de courtoisie au dispensaire (le Doc), acheter des clopes à Béhobie (Bud), s'essayer au surf (la Teigne), aller chez le coiffeur (Dudule), ramener des souvenirs pour sa belle-mère (Minimoys), se faire des UV (pipo), épiler (Ze Bank) avant de se donner rendez-vous à Jean Dauger pour la rencontre Bayonne / UBB.

18 h 30, place aux professionnels du ballon ovale. Nous tous, situés tribune sud non abritée : pluie, vent, grêle, froid. Le pied ! Un ralenti ? Voir l'écran géant situé … derrière notre tribune ! Bonjour le torticoli ! D'autant que sur la pelouse, le spectacle n'est pas folichon, tandis que l'ambiance si souvent vantée (ventée?) de Jean Dauger nous paraît en deçà de nos espérances. Pas grave. On applaudit, chambre, encourage nos couleurs qui finissent par l'emporter sur le fil du rasoir. Nous ne retiendrons que le score.

Dispersion des troupes frigorifiées aux membres engourdis, humides, aux chairs molles.

On se retrouve chez Ramina à 21 h pour boire un – énième - coup – serrés comme des sardines. Accéder au comptoir ? Le parcours du combattant. Discuter avec Jean-Paul à quelques encablures ? Impossible de se frayer un passage. T'as plus qu'à faire bonne mesure avec celui qui te fait face, que tu connais pas, qui ne te dispense pas de son haleine vieillie en fût de chêne, à faire des hochements de tête même si t'as rien pigé tellement l brouhaha est indescriptible, à oser dire non, au hasard (des fois ça marche, sauf si la question était : je t'offre un coup à boire!), à scruter alentour s'il n'y a pas une issue de secours, en cas d'incendie, de tsunami, d'avalanche, de Boeing qui s'écraserait malencontreusement sur le déb' !

Repli défensif et collectif à 22 h vers la cidrerie. Pas dur : gauche, gauche, tout droit, gauche et à droite selon Campet, sûr de lui. Sauf que c'était plutôt droite, droite, arrière, droite et à gauche ! Arrivée à … 23 h 30 devant l'établissement, assoiffés, éperdus, fourbus, affamés, vannés et claqués !

Je stoppe là mon récit qui touche à sa fin, faute de temps. Merci à vous tous avec qui nous avons vécu des moments magiques, surprenants, délicieux. Une pensée pour ceux qui n'ont pu se joindre à la fête. Et bien entendu une expérience à rééditer tous ensemble. Félicitations aux Archiballs qui nous ont reçu avec un savoir-faire inégalable et un état d'esprit irréprochable.

Votre dévoué.

The Touch

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