Rechercher
  • The Touch

SCIPION ? PLUTOT SEPT...


RÉSUMÉ DU MATCH OLD BLACK / ASPTT

SCIPION ? PLUTOT SEPT...

Le voili le voilou votre résumé. Je ne sais pas pourquoi mais je sens chez vous poindre une impatience non feinte à l'idée (Johnny) de le parcourir et, pourquoi pas, de vous en délecter, comme nous nous sommes régalés, hier soir, mercredi 4 novembre, à vous voir évoluer avec tant d'aisance.

Le Capitaine du soir

Lors de l'avant-match, plongé dans mon paper-board, le constat est inquiétant face à la maigreur rachitique notre effectif. Bizarre que nous soyons, soi-disant, plus de quarante licenciés et qu'un soir de rencontre à domicile, par une douce nuit étoilée, nous nous présentons à... dix-huit éléments !

Néanmoins, comme vous me l'avez fait justement remarqué à l'issue de la partie, c'est souvent en cette occasion que vous réalisez vos plus belles performances. De là à avoir une explication rationnelle...

Saluons un public assez fourni venu vous encourager : les éclopés (Mum, Pipo et son chien), les vieillards (Jean), les potes (le Gallois, Nico, Yoyo), les seniors (Fred Pargade et consorts), la famille Naze Head soudée comme les trois doigts de la main de Mickey et j'en oublie hélas d'autres.

Félicitons également le duo d'arbitrage composé de Guillaume et Loris (14 ans) qui font du très bon boulot dans un contexte toujours difficile et ingrat.

Préparation pour Come

Enfin, notons qu'à ma plus grande surprise, Guillaume a proposé deux fois trente-cinq minutes de jeu et que nul n'a trouvé à redire. Si en plus je dois assister à la causerie arbitrale sur le rond central lors des consignes... Enfin bon, passons.

XV de départ : Zizou, Bud, Campet / Poulpe, Mimi / Scipion (cap), Knacky, Romano / P'tit Lolo (m) / Cruchot (o) / Olivier, Helmut, Granule, Jipi / Beck. Remplaçants : Moun, Bank et Minimoys.

Coup d'envoi à 21 h 03.

D'emblée on sent une envie de démarrer pied au plancher, d'imposer notre jeu doublé d'une réelle motivation à prendre le score au plus vite, histoire de s'épargner (taux révisable 2,4 %) nos détestables entames de match. Pour cela on peut compter sur 18 guerriers motivés, revanchards, dans le sillage d'un Scipion nommé capitaine et averti 10 jours avant par mail personnel, qui prend son rôle très à cœur. Fameux discours d'ailleurs d'avant-match sur l'amertume de la bière après notre défaite initiale contre Labrède.

Quatre minutes ne se sont pas écoulées que suite à un maul parfait, un groupé-pénétrant de toute beauté, suite à une prise à deux mains en touche de Knacky, que Cruchot s'échappe petit côté aplatir en terre promise. 1 / 0. Rien à dire. De la belle ouvrage.

Ce après quoi les forces en présence s'équilibrent. Le match est plaisant, pavé de bonnes intentions de part et d'autre, tandis que les contacts demeurent rudes tellement chacun défend son pré carré avec vigueur, caractère et orgueil.

Helmut sort rapidement, touché au pouce.

À 21 h 29, nous encaissons un essai d'ailier semblable à une mobylette tellement il avait de canes le bougre, déchirant à toute vapeur, pot catalytique en prime, notre rideau défensif enfumé par les particules fines. 1 / 1.

Qu'importe, le jeu appelle des fautes, la débauche d'énergie est bien réelle et notre fluidité avant / trois-quarts se révèle sous son meilleur jour. Chacun s'envoie sans se mentir, sans se cacher, prêt à tomber avec les honneurs.

Hélas, une incompréhension entre Minimoys relançant un ballon réceptionné suite à un coup de pied adverse de dégagement et Cruchot, permet de nouveau à la mobylette de pétarader en toute liberté dans nos rangs désertés et incrédules. 2 / 1 pour l'ASPTT à l'heure ou est sifflée la mi-temps.

Pause bienvenue. Je vous sens éprouvé physiquement, le souffle court, la sueur au front, les bras ballants d'avoir trop plaqué, les jambes lourdes d'avoir trop cavalé. Je vous délivre un message d'encouragement, positif, je vous félicite et vous enjoins à y croire encore. Question : où sont passées les oranges d'antan ?

Second acte. Début des hostilités à 21 h 40.

Xv de départ : Bank, Bud, Campet / Poulpe, Zizou / Scipion (cap), Mimi, Romano / P'tit Lolo (m) / Cruchot (o) / Minimoys, Moun, Knacky, Granule / Beck. Remplaçants : Olivier et Jipi.

Malgré notre handicap au score, nous repartons motivés, prêts à en découdre, à ne pas nous en laisser conter. Compter ?

Récompensé pour le plus beau geste technique... qui nous coutât un Essai

Seulement voilà. Sur une contre-attaque adverse au niveau de la ligne médiane, leur centre échappe à Romano, Cruchot, déboule plein fer, navigue, trouve du soutien et nous met assurément la tête dans le seau avec un troisième essai dans l'escarcelle encaissé par nos couleurs. 3 / 1. Couleurs qui soit dit en passant étaient blanches, rouges et vertes, (l'ASPTT évoluant en noir et rouge) parrainées par un célèbre distributeur de bière basque. Mais à cette heure-ci (21 h 44), le précieux breuvage cher à Scipion a de nouveau un goût saumâtre.

Cependant, à Old Black, rien d'impossible. La révolte gronde. La bande de copains, fraternelle, solidaire, va se muer en ogre de caractère. Perdu pour perdu autant tout donner. Pour ne pas avoir à regretter. Le public pousse, gronde, encourage. C'est alors que se produit l'impensable.

Le Poulpe s'envoie comme jamais, Scipion harangue ses partenaires, Campet montre ses muscles, Bank prépare son coup, Bud serre les dents, Zizou s'emploie aux tâches obscures, Romano initie inlassablement la marche avant, Mimi est présent sur tous les points chauds, P'tit Lolo distribue à tout va, Cruchot régale, tente, orchestre, Minimoys est entreprenant, Moun rassurant, Granule chaud comme la braise, Knacky apporte sa densité, Beck son intelligence, Jipi sa hargne, Olivier son envie.

Des traces de combats sur le visage du Poulpe

Bud perce et ne donne pas en bout de ligne alors que l'essai semblait imparable, Bank perce, avance, voit trois adversaires lui tomber sur le râble, Granule, tombe, se relève, tombe, se relève, Jipi se chacaille, fier Catalan, Moun perce aussi, dindon décapité, si près du but mais sans soutien, Knacky devenu centre saute en touche !, ô diable l'académisme, le conformisme, Bud sort, le genou ne tenant plus qu'à un ligament, P'tit Lolo sort aussi, genou vrillé, Scipion voit 36 chandelles suite à un choc et sort momentanément, Poulpe a le visage tuméfié marqué par le combat et quelques coups de casques reçus en guise d'offrande pour son activité dans les rucks, Granule court, tombe, se relève, échevelé, tout fou, même pas mal, tombe, roule, s'aplatit, se relève, plaque, tombe, Romano secoue le cocotier toujours dans les bons coups, le ballon gicle de main en main, des mains avides, convoitant la beuchigue.

Tous s'en donnent à cœur joie en une symphonie maîtrisée où chacun joue à merveille sa partition.

21 h 52. Mêlée dans les 22 adverses. Sortie de balle. Knacky en relais, plein d'autorité, déchire l'étau adverse, Beck en relais, Zizou à la conclusion. Un régal ! 3 / 2.

22 h 03. Knacky fait des ravages, louvoie, prend l'intervalle et file à l'essai à grandes enjambées. 3 / 3. Liesse générale.

La délivrance survient en fin de match que nous achevons plus frais physiquement, en un retournement de situation à forte charge émotionnelle. Knacky encore lui enfonce le clou, irrésistible, de son style chaloupé, ondoyant, à travers la défense adverse bien en peine d'endiguer sa progression, son avancée conquérante. 4 / 3.

La délivrance, le stade en ébullition ! Des sourires, des poings rageurs fendant l'air, des sauts de cabri en liberté, des embrassades au coup de sifflet final, le sentiment du devoir accompli avec une générosité sans bornes, à l'heure où la tension retombe, où l'on oublie les corps endoloris, la fatigue, où l'on se rappelle de la bière à Scipion qui aura, cette fois, un goût de miel, un goût inimitable.

Si le sort est cruel pour l'ASPTT qui n'a jamais démérité ni baissé les bras, connaissant un scénario identique à l'an dernier ou nous l'avions aussi emporté (3 / 2) sur le fil grâce à un essai de... Knacky déjà, sachons rendre hommage à de valeureux adversaires à l'état d'esprit irréprochable et qui nous ressemblent en bien des points si ce n'est peut-être, une plus grande jeunesse dans leurs rangs. Assurément on se retrouvera pour d'autres joutes toutes aussi acharnées.

Bon et bien, mine de rien, cela fait deux pages et demi. Bravo les gars pour ce merveilleux suspens à l'issue miraculeuse. On ne va pas s'enflammer mais savourer ces instants précieux avant de se remettre au travail. Et ainsi poursuivre notre bonhomme de chemin.

Votre dévoué.


0 vue